vendredi 18 mars 2016

Lettre ouverte au SYADEN au sujet de l'installation des compteurs Linky


La quasi-totalité des communes du département ont chargé le syndicat mixte SYADEN de gérer le service public d’électricité. C’est dans ce cadre que va être procédé au changement de tous les compteurs électriques du département. L’opération est nationale et vise la généralisation des compteurs dits communicants. On parle également de compteurs intelligents. Elle pourrait sembler anodine et pourtant pose de nombreuses questions, sur plusieurs plans.

En premier lieu, celui de la santé publique. Principalement l’exposition aux rayonnements électromagnétiques dont les risques sont peu documentés voire controversés. Ils sont cependant avérés et l’augmentation continue de cette exposition ne peut que les accroître. Ajoutons que dans un département rural comme le notre, l’exposition actuelle est très faible et que la généralisation de ce type de compteurs va lui faire faire un bond.

En second lieu, les risques d’atteinte à la vie privée. Ce système va permettre un contrôle à distance de la consommation de vos appareils donc de connaître ce que vous faites chez vous ! Certes la loi a pour l’instant interdit cette possibilité mais les enjeux économiques liés à un « profilage » généralisé des consommateurs feront tomber rapidement cette limitation. Sans compter les tentations de surveillance qui en découleront.

En troisième lieu, économique. L’opération profitera aux industriels du secteur. Un pactole de 35 millions de compteurs à fournir et poser en 5 ans, ce n’est pas rien ! Elle profitera aux fournisseurs d’électricité (EdF et autres) qui vont proposer de nouveaux contrats ajustés et plus chers. Les économies espérées (il n’y aura plus de relevés des compteurs à domicile) ne compensant pas les coûts, les ménages vont voir leur facture alourdie par le biais d’une taxe. Un journaliste a pu écrire à propos de ces compteurs : trop intelligents pour être honnêtes.

Les promoteurs de cette opération se retranchent derrière une hypothétique transition énergétique qu’elle faciliterait ainsi que leurs obligations réglementaires.

En tant qu’écologistes nous devrions nous féliciter de ce qui faciliterait cette transition mais à regarder de plus près, le bénéfice dans ce sens est très faible. Par exemple, vous devrez aller sur Internet pour vérifier et suivre votre consommation !

En tant qu’européistes convaincus, on voit une fois de plus comment les directives européennes sont dévoyées. La lecture de celles de 2006 et 2009 montrent que la généralisation de compteurs communicants n’est pas une obligation absolue ! D’ailleurs l’Allemagne a refusé d’y procéder, estimant le coût trop élevé pour un bénéfice trop faible. De son coté, l’Autriche a laissé le libre choix aux abonnés, tout comme les Pays Bas…

La directive européenne de 2009 a demandé aux états membres de procéder à « une évaluation économique à long terme de l’ensemble des coûts et des bénéfices pour le marché et pour le consommateur » cela a été réalisé en France et de manière si peu concluante que l’association Que Choisir a montré l’inverse des conclusions. De son côté, l’ADEME estime que cela n’entraîne aucune économie d’énergie. Les questions de santé publique ? Motus et bouche cousue ! Quant aux propos lénifiants d’EdF, l’entreprise nous a tellement habitués depuis des dizaines d’années, à l’opacité, et aux manipulations d’opinion, que plus personne ne peut sérieusement prendre pour argent comptant ses déclarations.

Tous les citoyens ont le droit d’intervenir dans les affaires les concernant directement. Prendre des décisions en leur nom sans consultation ni exposé clair et pertinent des enjeux n’est plus acceptable. La maîtrise de l’énergie est l’affaire de tous et non d’une poignée d’experts. Un jour, peut-être les conditions seront réunies pour envisager de nouveaux modes de comptage. Ce n’est pour l’instant pas le cas.


Pour toutes ces raisons, nous demandons au SYADEN de surseoir à ces installations.




Pour la coordination départementale d’EELV
Albert CORMARY
Contact 04 68 48 27 53 06 76 05 00 10

Claude Marie BENSON
contact 06 16 50 14 48






mardi 23 juillet 2013

OGM en Europe : Monsanto recule mais le combat continue


> Le mercredi 17 juillet, la multinationale des biotechnologies Monsanto a annoncé qu’elle allait retirer toutes ses demandes d’homologations (en cours) de nouvelles cultures OGM dans l’Union européenne en raison de l’absence de perspectives commerciales.

> Ce recul est une bonne nouvelle pour toutes celles et ceux qui refusent que soient imposés les OGM dans nos champs. C’est aussi le résultat d’une mobilisation citoyenne exceptionnelle, appuyée dans les institutions par les élu-e-s écologistes.
> Cette annonce ne remet toutefois pas en cause la culture du maïs MON810, seul OGM actuellement cultivé en Europe, couvrant actuellement moins de 1% de l’ensemble des champs du continent européen. Par ailleurs, les OGM restent présents en Europe par le biais des importations : l’Union européenne fait partie des grands acheteurs mondiaux de soja génétiquement modifié pour alimenter son bétail, faute de cultiver ses propres légumineuses, ce qui constituerait pourtant un gain environnemental, énergétique et économique considérable.
> EELV continuera à se mobiliser pour l’interdiction des OGM, notamment du maïs MON 810, et à promouvoir le développement de l’agriculture écologique, idéalement paysanne et biologique, en France et dans le monde, seule à même de garantir sur le long terme la sécurité sanitaire mondiale et la préservation de la santé et des ressources.

Elise LOWY, Porte-parole

vendredi 5 juillet 2013

Avenir du canal des deux mers : Cap sur le Fret


Le canal des Deux Mers est pour moi hautement symbolique. En plus d’être un ouvrage remarquable, classé à l’UNESCO, il représente avec la chaîne des Pyrénées le seul trait d’union de l’euro-circonscription du Sud-Ouest.
Malheureusement, son état de délaissement a tout pour inquiéter. Ces derniers jours, les tronçonneuses n’ont cessé de vrombir : la campagne d’abattage des platanes est entrée dans une nouvelle phase. Le temps que les nouvelles espèces plantées arrivent à taille adulte, le paysage sera profondément métamorphosé, à commencer par son aspect ombragé. Y a-t-il lieu de s’inquiéter pour le classement du site ? Pour l’instant, contrairement à Gavarnie, cela ne semble pas d’actualité. D’autant plus que la DREAL a entrepris un travail de longue haleine visant le classement des abords du Canal pour les préserver de l’urbanisation. Si cette campagne paraît incontournable, il y atout de même de quoi enrager : cela fait près de vingt ans que les Amis de la Terre alertent sur le Chancre coloré. Lorsqu’on sait qu’une meilleure gestion de la crise en Haute-Garonne a permis de préserver des secteurs entiers, on se plait à imaginer que d’autres scénarios auraient pu être possibles. Loin d’être anodine, cette replantation n’est pas non plus sans coût. Etant donné le désengagement de l’Etat, d’aucuns proposent de se tourner vers les capitaux privés pour récolter les quelques 200 millions d’euros nécessaires. Après tout, le Canal du midi, dont la construction a été financée par Pierre Paul Riquet n a t-il pas été le premier exemple de partenariat public-privé ? Oui mais ce genre d’alliances se fait rarement sans contrepartie. Début 2011, la Lyonnaise des Eaux a pris pied à Castets-en- Dorthe, premier port sur le Canal latéral à son débouché dans la Garonne. Conséquence : le quai public construit par VNF pour les bateaux de commerce s’est retrouvé englobé dans la concession et s’y amarrer est devenu payant. Les professionnels rencontrent les mêmes problèmes sur les cinq ports concédés à la Compagnie d’Exploitation des ports, filiale de Véolia. Noublions pas que la gestion du Canal, un aspect est hautement stratégique : la maîtrise de l'eau. En la matière un gestionnaire privé n’aura certainement pas les mêmes objectifs qu’une collectivité.
Pour l’instant, l’Association des 148 communes riveraines, s’est heureusement prononcée pour une gestion publique des ports.
Profitons de ces nouveaux défis pour réfléchir à l'avenir de cette voie d’eau. Pourquoi ne pas lui donner un nouvel élan économique en revenant à sa vocation première, le transport de marchandises ? VNF a décidé de se concentrer sur le grand gabarit en cessant d’investir dans le réseau fluvial dit secondaire, auquel appartient le Canal des deux Mers. Pourtant, comme c’est le cas dans le Nord-Ouest de l’Europe maillé par un réseau dense de petits canaux, les petits gabarits pourraient offrir sur le Canal latéral de réelles possibilités commerciales. Sur le Canal du midi, malgré des contraintes plus lourdes, des niches restent à explorer et les projets ne demandent qu'à éclore. Après un pic dans les années 1970, c’est au moment du développement du transport par route que le fret fluvial a progressivement disparu. Aujourd’hui, sur le Canal des deux Mers, son coût est souvent supérieur à celui du routier. Mais ce désavantage compétitif provient des investissements publics successifs effectués sur le réseau autoroutier : rééquilibrons les moyens !
Quelques mesures simples seraient à prendre avec l’automatisation des écluses, l’envasement du canal, la diminution de l’amplitude d’ouverture des écluses et la priorité donnée au tourisme, les temps de navigation augmentent et les capacités de chargement diminuent sans cesse. Il faut continuer à proposer aux transporteurs de passagers et de marchandises le service dont ils ont besoin pour exploiter leurs bateaux au gabarit du Midi. Le développement du fret fait partie des missions de VNF telles que définies dans le contrat de performance signé avec l’Etat. Le “fluvial ”, moins polluant que la route, est de fait un levier important pour infléchir les émissions de gaz à effet de serre. En la matière, les engagements européens de la France sont déclinés dans la loi de 2009 dite Grenelle I qui prévoie une croissance de 25ù du fret (dont le fluvial) d'ici 2022. Or en 2009, les échanges entre le Languedoc Roussillon, Midi Pyrénées et l’Aquitaine s’élevaient à environ 9 millions de tonnes de marchandises. Le transfert d’une partie de ces marchandises vers la voie d’eau contribuerait à remplir ces objectifs. D’autant plus qu’une péniche au gabarit du Canal du Midi consomme de 30% à 40 % de carburant en moins qu’un camion à la tonne transportée. Ce transfert devrait être facilité par une mesure novatrice qui vient d’être votée au niveau national. Les coûts environnementaux liés aux émissions de gaz à effet de serre des poids lourds seront dès le 1er octobre prochain intégrés dans les coûts de transports via une écotaxe. Un moyen de prendre en compte les coûts et bénéfices économiques, sociaux mais aussi environnementaux de chaque type de transport.
En septembre 2013, le monde du fluvial sera tourné vers Toulouse à l’occasion du 26ème Congrès mondial des canaux et voies navigables : n’ayons pas à rougir de notre si beau Canal.

CATHERINE GRÈZE –
Députée européenne EELV du Sud-Ouest

samedi 29 juin 2013

Nos questions aux commissaires enquêteurs sur le projet Lassac



L'étude des documents présentés à l'enquête publique concernant le projet d'une ISDND sur le site de Lassac appelle un certain nombre de réflexions et de questionnements.


Le premier angle porte sur les capacités de stockage soit 110 000 t/an. Il repose à la fois sur des projections d'évolutions de la population dans les 20 prochaines années difficilement vérifiables dans le même temps qu'on remarque dans toute la région un mouvement des populations vers le littoral plutôt que vers l'intérieur des terres il est d'ailleurs étonnant que les chiffres fournis dans le dossier diffèrent de ceux de l'INSEE, et sur des ambitions très modestes et peu volontaristes sur les politiques du PDEDMA en ce qui concerne la réduction de la production de déchets,et le compostage (pour rappel, le PDEDMA repose sur le triptyque tri-compostage-enfouissement).
La société Valaudia en est si consciente qu'elle prévoit de « traiter prioritairement les déchets audois » sans s'interdire d'en importer d'ailleurs pour « combler le vide ».
Le choix d'un site dans l'Ouest audois visant à traiter les déchets au plus prés de leur production, ainsi qu'en témoignent les savants calculs présentés d'économie de CO2 serait mis en échec par cette orientation du gestionnaire.
Nous souhaiterions que cette possibilité soit clairement exclue par le cahier des charges, et que la capacité des installations soit recalculée en conséquence.

En ce qui concerne le choix du site lui même, nos questionnements sont de 3 ordres :

- Les nuisances :
Il est fait état de « nuisances olfactives inférieures aux limites fixées», et immédiatement après de campagnes d'évaluation qui seront effectuées.
Nous souhaiterions savoir quelles sont ces limites fixées, quelles sont les techniques prévues pour éviter ces nuisances, par qui seront menées les campagnes d'évaluations, comment les riverains y seront associés, et enfin, s'il s'avère que les dites campagnes mettent en évidence un dépassement des limites fixées, comment est-il prévu de remédier au problème et dans quels délais, sachant qu'outre la gène pour les riverains, le site est situé dans une zone de développement touristique.
L'acheminement des déchets vers le site générerait, d’après les documents, la circulation de 70 camions par jour, soit 15 à 16 camions par heure, un camion toutes les quatre minutes, compte tenu du temps probable d'ouverture du site au déchargement. L’élargissement de la route répondra sans doute aux impératifs de sécurité , mais non à la nuisance d'une telle noria sur une route touristique.
La troisième nuisance est liée aux poussières qui seront inévitablement soulevées tant lors des travaux que lorsque le site sera en activité, et emportées par le vent, nuisance renforcée par la présence d' arsenic et autres métaux lourds dans le sol. Qu'est-il prévu pour réduire cette nuisance ?

- Les risques :
Contrairement à ce que prétend le rapport, le bassin versant concerné par le projet ne bénéficie pas d'un climat de type « nival-atlantique » mais bien d'un régime « méditerranéen » avec tous les excès que cela peut comporter notamment par rapport aux risques « sécheresse » et« pluies torrentielles – inondations ». Si le rapport avait été sincère, il aurait évoqué les graves crues de 1930, qui avaient emporté  tous les ponts mais il s'est contenté d'évoquer celles de 1999 et 2005 qualifiables de bénignes sur ce secteur géographique de l'Aude.
Pourquoi veut-on cacher que le site de Lassac est inondable ?
Un autre site de CET proche de Béziers, configuré de la même manière, en pied de falaise, proche d'une rivière, avec des argiles de solifluxion qui gonflent en cas de grosses pluies et dont les couches glissent alors les unes sur les autres, entraînant un gigantesque glissement de terrain a vu les infrastructures de ce CET partir dans la rivière. Ne peut-on pas tirer les leçons du passé ?
Il est aussi question de dévier le cour d'un ruisseau qui actuellement traverse le site et à qui on imposerait d'emprunter un autre lit. Quelle garantie a t'on qu'il ne reviendra pas à son lit naturel en cas d'orage en occasionnant des dégâts dans les installations de l'ISDND ?
Qu'est-il,prévu pour le stockage et la fixation des « remblais et déblais » ?

- Les surcoûts :
Le fait d'implanter cette unité à proximité du site d'exploitation de la SEPS, dans une zone fortement polluée amènera à prendre en compte un grand nombre de précautions supplémentaires par rapport à un site plus sain. La gestion des poussières en est une, les dispositions concernant les eaux de ruissellement également.
Nous souhaiterions connaître la nature et le coût de ces dispositions indispensables et donc le renchérissement du projet par rapport à un site présentant moins de problèmes de pollution
ancienne et avérées.
La qualité du sol ne permet pas d'assurer une bonne étanchéité naturelle. S'il est prévu d'utiliser « l'argile décaissée en priorité » il sera nécessaire d'en importer également. De plus la qualité des membranes d'étanchéités devra être renforcée. Que se passe-t'il lorsque cette étanchéïté artificielle vieillit et ne joue plus son rôle ?
Nous souhaiterions savoir si ces surcoûts ont été chiffrés et pourquoi ils ne figurent pas clairement dans les documents.
Le site choisi se trouve sur une zone archéologique importante, il est préconisé d'étendre les recherches sur une plus grande surface que celle prévue initialement. Ces recherches ont également un coût qui n'est pas évoqué dans le document.
Par ailleurs s'il s'avérait que ces sites sont uniques, ne serait-il pas plus judicieux d'en faire à terme un enjeu de développement touristique plutôt que de les ré-enterrer à coté des bâtiments de l'ISDND ?

L'ensemble des points évoqués ci dessus nous amènent à estimer que le choix du site de Lassac pour l'ISDND de l'ouest du département n'est pas un choix pertinent. Nous savons qu'une étude confiée à la société ARCADIS avait détecté une quinzaine de sites envisageables , et qu 'en 2005 le choix des responsables audois s'est porté sur Lassac parmi 3 sites restant en course. Cette décision s'est faite dans la plus grande opacité et fait aujourd'hui l'objet de recours en justice. Les élus concernés n'ont jamais fait connaître clairement quels ont été les critères objectifs qui ont présidé à leur choix.
Nous demandons instamment en conséquence que le dossier soit repris au minimum à partir des 3 derniers choix présentés par ARCADIS, et que l'enquête publique présente aux audois les dossiers finalisés sur plusieurs sites, permettant de choisir en connaissance de cause entre ces alternatives.